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 Aspirant's Pride [Solo - Flashback]

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MessageSujet: Aspirant's Pride [Solo - Flashback]   Sam 1 Déc - 20:27

Les gouttes tapent. Sur les dalles comme les toits, jouent le timbre des pleurs. Tic tac. Silencieuse, j'écoute la complainte. Tic tac. Un œil au ciel, au travers du carreau, l'autre entre deux sommeils. L’horloge indique quatre heures, de même que mes cernes. Et pourtant, je ne dors pas. Prise par le tourment des demains, par la pensée de ces heures. Par le stress. Alors lentement, mes doigts s’animent. Glissent le long de la toile chaude, la saisissent en son bord. Un geste ; le drap me quitte. Endormi, mon buste se redresse. Suivent les bras, la tête. Et dansent les mèches blondes sous mon regard placide. Naît l’impulsion d’un réflexe, ma tête s’ébroue, et bientôt les mutines gagnent la place qui est la leur. Je soupire, la vision maintenant dégagée. Confronte le froid mur qui me fait face. Ni le contour d’un ornement, ni les formes d’un meuble. Juste la pierre, nue sous son voile de peinture. Je tends l’oreille, reçois le silence. La ville toute entière semble ensommeillée. Et pourtant, dans les chambres annexes, les mêmes lits, les mêmes esprits, je devine la tension intruse. Je sens le stress, pense ses façades. Car demain se joue l’amorce de nos futures carrières.

Je me lève finalement. Foule de mes pieds nus le carrelage de ce sol, subis un instant le frisson de sa froideur. Entame un pas, puis l’esquisse d’un autre. M’arrête ensuite, debout seule dans cette pièce, cherchant une raison à mes gestes. Ou peut-être un geste à mes raisons. Seul l'instinct répond à mes recherches tacites. Alors j'enclenche à nouveau le cycle de ma marche et rejoins la salle de bain adjacente à ma chambre. De leur bout, mes doigts frôlent les humides dalles, d'une légère pression, ils actionnent le robinet. Les mécanismes jouent, l'eau coule. Doucement, je me penche. Je la sens sur mes joues tièdes, je la sens sur mes mèches blondes. Jouvence. Emportée par sa fraicheur, je me laisse un instant aller. Transportée par le fluide frais, j'aborde un monde de sensations troubles, de sensations pures. Sans réflexions. Un monde qui se résume à l'écoulement de l'eau sur ma peau. Mais bien vite, elle revient. Cette pensée. Demain verra l'aube de ma carrière. Demain verra ma première mission.

Alors de mes yeux à peine éveillés, je me mire dans le lisse miroir. Et dans l'esquisse de mon reflet, dans la lueur de mes yeux, décèle l'éclat des jours nouveaux. Des jours autant attendu que crains. En mon esprit, je mêle les souvenirs, les sensations. Je vois le chemin parcouru, cherche l'horizon, incertaine. Confond l'excitation et le poids des stress, sous la force de l'instant. Et dans cet instant qui me happe, je repense aux lignes du feuillet rédempteur. Une police épurée, un contenu simple. Et pourtant un message tant attendu. Dans quelques heures, je partirai. Accompagnée d'autres aspirants et de deux gradés superviseurs. Le plan est classique, mais sa seule évocation déchaîne en moi les frissons. Un démon, l'un des rares solitaires, aurait récemment attaqué des marchands, dans l'idée d'un approvisionnement rapide. Mais les signalements ne manquent pas, et il aurait récemment été aperçu à l’orée de la forêt. Notre rôle est, bien sur, de l'appréhender. Au vu de notre nombre, cela ne devrait pas poser problème. En moi d'ailleurs, je ne peux m'empêcher de me penser que nos supérieurs ont choisi d'affecter beaucoup trop de monde à cette mission. Mais la sécurité prime, surtout les premières fois, et qu'importe mon opinion, je ne peux qu'accepter et obéir.

Nous sommes partis hier de Tsuchikage, tous n'ayant en tête que l'idée de cette première mission. Et maintenant encore, elle m'obsède. Au point que j'en perds le sommeil, et trouve le trac. Mais tout cela, je l'accepte. Ces choses complètent l'expérience, renforcent la synthèse. Alors lorsque je quitte la salle de bain, la démarche fière, il émane de moi une impatience peu propice au sommeil. Mais cette pensée n'y fait rien, et chacun de mes pas, pourtant destiné à me porter vers un lit, se fait l'instigateur de ma volonté. Et il me semble que de plus en plus, le sommeil me fuit. Sourire. Je sais que pourtant j'ai besoin de repos, une part de moi me le crie. Mais il m'est tout simplement impossible d'éteindre l'envie qui m'enflamme. Et perdue dans cette chambre solitaire, je songe que demain, je fonctionnerai à l’adrénaline. Rien qu'à l’adrénaline.

Je traverse à nouveau la pièce et gagne mon matelas. Au contact velouté de la légère étoffe sur ma peau, un frisson de délice s'empare de moi. Mais c'est trop peu, toujours trop peu. Et même lorsque mes paupières se rabattent, subsiste l'éclat de l'impatience. Cette nuit, je ne dormirai pas.


Dernière édition par Bella Turner le Lun 3 Déc - 1:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Aspirant's Pride [Solo - Flashback]   Lun 3 Déc - 0:56

Ce matin, nous sommes partis tôt. Avant même les premières lueurs de l'aube. Mais le réveil n'a pas été dur. Car aucun de nous n'a croisé le sommeil cette nuit. Je le vois aux cernes sur les visages, aux bâillements réguliers qui brisent le silence. Seuls les deux adjudants formateurs semblent reposés. Et le contraste entre eux et nous, aspirants, est d'autant plus fort qu'ils paraissent, à nos opposés, en ballade de santé. Un discret sourire apparaît mes lèvres. C'est ce quelque part quelque chose que je m'étais figuré. Cette mission n'est rien, hors une banale formalité. Et pourtant, l'excitation que je ressens, que nous ressentons tous, est réelle. Chez certains un peu trop, d'ailleurs. Et je me surprends à penser que ces sensations, aux premiers abords pathétiques, ne sont en réalité que l'expression spontanée de notre humanité. Car en dépit de son caractère bénin, cette mission reste la première que nous accomplirons en tant qu'exorciste. Et malgré la fatigue qui ronge nos corps, c'est cette pensée en tête et le sourire aux lèvres que j'avance.

Nous marchons depuis deux heures maintenant. Les sentiers effacés nous guident au milieu des arbres épars, voile émeraude qui enveloppe les terres. Dans les buissons parfois, au hasard d'un croisement, je distingue l'ombre fugitive d'une bête qui épie, l'insaisissable bruit de feuilles qu'une patte empressée piétine. Mais ici rien ne rappelle, ni ne témoigne, de la présence d'un démon. Peu à peu, l'envie qui guide nos pas s'amenuise. Les conversations s'estompent, remplacées par les soupirs. Plus les minutes s'écoulent, plus l'attente semble veinent. Alors le rythme de notre marche se perd. Bientôt, nos pas résignés battent le sol et son tapis de dépouilles végétale avec mollesse, ennui. Tous n'attendent plus que l'instant où les deux gradés annonceront le retour au camp, mettant un terme à cette promenade fade, qui nous laissera un souvenir plutôt terne. Au final, toute excitation chassée, je me retrouve à penser à ce qui, dans mes habituels moments d'ennui, dans mes journées monotones, distrait mon esprit. Les vêtements. Et songer à sa tenue lorsque l'on est censée être en mission, sur fond de glapissements animaux occasionnels, ça vous donner une idée de l'ennui éprouvé par le groupe.

Un cri. Lentement, je redresse la tête, regarde les adjudants. Et trouve leurs visages, auparavant ennuyés, fermés, concentrés. Sur un point, derrière les fourrés. Alors ma tête pivote, et instinctivement, mes bras se portent en position de garde. La rumeur indistincte qui émane de là-bas se rapproche, de plus en plus perceptible, de plus en plus oppressante. Et soudain, ils surgissent. Non pas un. Non pas deux. Mais trois démons. Celui qui correspond à la description fournie par nos informateurs, le plus en retrait, semble aussi être le plus faible. De loin. Autour de moi, beaucoup se braquent, esquissent quelques pas en arrière, ne savant comment réagir. Les autres, à mon instar, sont prêts à combattre. Mais avant même que nos trois adversaires soient à une dizaine de mètres de nous, les instructeurs ont déjà réagi. En quelques fractions de seconde, ne laissant à mes yeux d'aspirantes que l'image d'ombres vives et sombres, traçant l'espace en une traînée floue. L'un, métamorphosé en un loup titanesque, est suspendu à la gorge d'un démon aux allures barbares et aux cheveux de braises. L'autre frappe. Il n'y a pas d'autres mots, pas d'autres descriptions possibles. A l'aide d'une force décuplée, il frappe. Et ça marche. On le voit aux arbres qui tombent, aux bruits, aux craquements sourds qui retentissent. Cependant, je n'ai pas le temps de contempler leur force. Car devant moi, le troisième démon, dont la description et les pouvoirs m'étaient déjà connus, élève une main rouge d'un feu mortel.

Par réflexe, j'active ma magie. Avant même que son coup parte, je ne suis plus la même. Là où se trouvait précédemment mon corps d'adolescente aux dernières croissances se tient désormais celui d'Elova. La première démone, la seule aussi, que j'ai absorbé. Ma crinière blonde s'affirme grise, mes yeux perdent le bleu pour le rouge. Et mon esprit rencontre celui jusque-là terré en mon subconscient de la démone. Un frisson me prend, mais mon contrôle reste total. Elle aussi a vu l'ennemi, et le juge visiblement suffisamment important pour se détourner de ses projets de possession. Parce qu'on mon corps a changé, il en est de même pour mes capacités. Avec une aisance dédaigneuse, je fends les airs, frôle la boule enflammée qui me menaçait, et atterrit quelques mètres à la gauche de ma précédente position. Au regard qu'il me porte, le démon semble surpris. Sourire. Dont je ne saurais dire s'il vient de moi ou de la démone. Enfin. Il n'a rien vu. Les capacités que j'acquiers par le biais de cette transformation sont pour le moins intéressantes. L’œil attentif, je fixe le démon. Mais je n'ai pas le temps de passer à l'offensive. Car déjà deux autres aspirants se ruent sur la créature, armés d'artefact de feu et de foudre. Déconcertée, j'en oublie d'intervenir, et demeure plantée, observant la scène qui se joue. D'une main ardente, démon saisit la tête du plus grand des deux, et l'abat au sol. Et tendis que retentit le cri d'épouvante de celui dont on calcine la chair, le démon sourit. Cette fois-ci, une rage froide s'éveille en moi, secoue mes tripes, bouscule mes pensées. Propulsée par un pas implacable, je m'approche du démon. Mais avant même de l'avoir atteint, je stoppe à nouveau ma course. L'autre aspirant, de son sabre enflammé, lui a tranché le bras. Net. A son tour, il connaît la douleur. Mais si le hurlement qu'il pousse fige nos actions, il semble n'être qu'une diversion pour l'être. Avec un coup de pied habilement placé, il désarme l'aspirant, puis, de son bras encore intact, l'empoigne à la gorge. Seulement je ne suis pas décidée à le laisser faire. Une impulsion rageuse prise contre le sol, secouant les feuilles trépassées, et je me retrouve à son niveau. Une autre, et un coup de pied ascendant l'arrache à l'emprise de la gravité, rejette sa mâchoire vers l'arrière.

En moi, tout s'enchaîne. La vision de l'arme sur le sol, et de son corps dans les airs. Fluide, je ramasse la lame déjà entachée du sang démoniaque, et la place au-dessus de moi, verrouillant la position. Une demie-seconde. Il entame sa chute. Une seconde. Son corps brisé s'empale sur l'épée assassine. Ses vertèbres craquent. Le sang coule. Bientôt me submerge. Mes forces me lâchent, l'effort de la transformation est trop dur. Je sens mon œil qui tourne, mon corps qui faiblit. Et je m'évanouis, sous cette pluie de sang.

***

Un lit et des couvertures. Un confort inédit, mais des muscles pourtant endoloris. Lentement, fébrilement, dans une difficulté incomprise, je me redresse. Devant moi, une femme brune. Souriante. A son costume immaculé et son sourire angélique, à l'aspect sobre et lui aussi blanc des lieux, je devine qu'il s'agit d'une infirmière. Dans ma tête, les images, les pensées s'enchaînent, se bousculent. Les démons, l'épée, sa mort. Je sens ma paupière qui retombe, d'instinct, porte ma main à ma tête. Près de moi, proche de moi, une voix compatissante me souffle :

- Ne forcez pas, vous êtes encore faible.

Je pose sur elle un œil interrogateur. Et sans parler, je dis tout. Elle sourit. Et enchaîne :

- Les trois démons qui vous ont attaqués sont morts. De notre coté, nous avons deux blessés très sérieux, mais au moins ils sont en vie. C'est en partie grâce à vous. Mais à mes dents qui grincent, elle devine que ces deux blessés me restent en travers de la gorge. Après quelques secondes, elle continue : Ces démons étaient en route vers Holly Good, si j'ai bien compris. Celui qui avait attaqué les marchands l'avait fait pour approvisionner son groupe, on a retrouvé des restes de marchandises sur eux. Au final, ce n'était pas un solitaire. Mais ça, vous l'avez remarqué...

Je soupire, encore profondément en manque de sommeil. Finalement, cette première mission n'a pas été si calme...
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